Xment : Silver Style
Genre : aventure
Entre Chevaliers d’Arthur : la légende d’Excalibur et So Blonde
Un adolescent apathique se retrouve projeté par les mystérieux pouvoirs d’un livre dans un univers parallèle dans un village ou les habitants victimes d’une malédiction ont une double personnalité selon qu’il fait jour ou nuit. A notre héros débonnaire de résoudre l’énigme de cette malédiction avec l’aide d’une elfine qui lui sert de conseillère. Voilà le sujet de ce jeu d’aventure point ’n click dont les héros me rappellent deux personnages du jeu de rôle « Lands of Lore 3 » Ceci dit, le gameplay comme le style n’ont rien en commun.
Un défaut inhérent à ce type de jeu reste la lenteur des parties, il faut dialoguer sans cesse, aller et venir, combiner des éléments, tout cela dans un ordre précis afin de progresser dans l’histoire. Le mot « action » prend un tout autre sens. Trouver une astuce ou prendre un objet sont un moment d’excitation extrême dans le jeu d’aventure, autant dire que globalement le joueur est en permanence aux limites de l’assoupissement. C’est tellement linéaire que cela en devient lénifiant. On dort en jouant…Lorsque l’on pense par exemple au tergiversations nécessaires pour simplement trouver une cachette pour enfiler un uniforme… Il y a aussi cette manie d’accumuler des objets hétéroclites bien à l’avance comme si Melvin savait d’instinct que ceux-ci allaient lui servir ultérieurement. Quant à la manière de se procurer les objets, elle frise parfois le ridicule et tombe maladroitement fort à propos. Bref pour tout dire, les situations sont souvent peu cohérentes et les raccords nécessaires à la progression de l’histoire paraissent comme rapiécés. De plus. Reconnaissons tout de même un système d’aide bien pensé et original (mais mal placé puisqu’il faut quitter l’écran de jeu pour y accéder) Il y a également une touche pour se déplacer directement sur la carte, ce qui évite quelques allers-retours supplémentaires. Par contre, il manque un rappel de la totalité des objets interactifs à l’écran comme dans « So Blonde » ce qui est parfois fort embêtant, la touche dédiée à cet effet ne mentionne que certains objets à manipuler dans chaque tableau. Dans Everlight, les dialogues n’aident vraiment pas à l’immersion, la version française est pathétique. Il y a parfois des erreurs dans les dialogues (la poudre à éternuer n’est pas pour Valerius mais pour Farida, le dialogue du chien d’Anubis demeure une fois celui-ci rendu à Farida et fait planter le jeu si on clique une seconde fois) mais surtout la construction des phrases et la manière dont elles sont dites sont abominables pour qui comprend un peu la langue. Le pire, c’est le héros, avec ses intonations déplacées et sa diction sans conviction. Pourtant la France - contrairement a ses films très souvent mal joués - a de bons comédiens pour faire les voix des versions internationales. Et comme un jeu d’aventure donne une importance primordiale aux dialogues, le joueur souffre durant toute la partie et l’immersion se fait bien moindre bien que certains doubleurs réussissent à donner un tempérament à leur personnages (Daphnee, Jorog…)
La durée de vie n’est pas particulièrement longue. On regrette l’incohérence de certaines situations, le cinquième chapitre vraiment bâclé, et une durabilité exagérément gonflée par les incessants allers-retour dans cet univers pourtant bien restreint mais pourtant soumis à d’incessants chargements de zone. La réalisation technique est honnête, sans plus. Les décors sont peu nombreux mais jolis, les ambiances sonores pauvres ou mal fichues –surtout le fond sonore de l’auberge très bruyant alors qu’il n’y a que quatre personnes à l’intérieur, ou ce bruit d’extérieur soumis à une surdose de denoiser…Une histoire pleine d’approximations, des personnages sujets à la maladie de Parkinson (pas besoin d’être observateur). Pourtant ça et là, de bonnes interventions, des personnages un peu borderline. Du potentiel, hélas pas suffisamment abouti.
Une question reste en suspens cependant. Comment se fait-il que les jeux d’aventure en pointer/cliquer demandent une configuration équivalente à des jeux tout 3D dotés d’univers ouverts, d’effets à profusion et d’une jouabilité multi-plans. Ici, tout est fixe, avec très peu d’animations et un gameplay des plus limités. Le jeu se permet même de ralentir par la simple présence d’un petit effet de brouillard. Il n’est pas non plus exempt de retours sous Windows. Il y a là manifestement une grosse dose d’esbroufe.
|
Interet |
Gameplay |
immersion |
plaisir |
IA |
progression |
qualite |
|
11 |
13 |
7 |
7 |
4 |
9 |
10 |