Xment : Ubisoft
Genre FPS
Entre Hulk et le seigneur des anneaux : le retour du roi
Cette opportunité commerciale - pardon ce jeu - dispose sur le papier de solides arguments pour séduire les joueurs video-ludiques. Une histoire originale fantasmagorique - aux relents certes machistes et xénophobes - mais qui se situe sur l’île idéale pour les gamers aventuriers. La possibilité d’incarner Jack (dont aucune guenon géante n’est tombée amoureuse, lol) et Kong est sympathique mais cela ne donne pas pour autant deux jeux différents. C’est souvent Jack que l’on incarne et quelquefois Kong, mais cela n’est pas gênant. Et puis cette île est une réserve paléontologique de premier choix...qui ne devrait pas le rester d’ailleurs puisque l’on y vient pour tout zigouiller même s’il ne s’agissait pas du but initial de nos aventuriers cinéastes. L’inventaire limité, l’absence d’interface concourent à renforcer l’immersion.
Mais hélas, l’aspect filmique prend très rapidement l’ascendant sur le cote jeu. Jack a l’air perdu dans un jeu qu’il subit tel un élément subalterne auquel tout le monde donne des ordres. Il rappelle le héros de Harry Potter dans les films du même nom, a qui ses compagnons (notamment Hayes/Ron et Ann/Hermione) rappellent l’évidence de son omnipotence afin qu’il ne se questionne pas en permanence sur le pourquoi de sa présence. Ainsi Jack est incapable de toute initiative. C’est juste du " fait-ci, fais ça! " Que les autres ne cessent de hurler tandis qu’ils s’accaparent les autres actions ! Aucune possibilité de management de ses compagnons donc. Pour poser l’ambiance des niveaux ou Jack entre en action, il faut s’imaginer crapahuter dans des petits – surtout en largeur et de ce point de vue une île aux reliefs escarpés, ça aide énormément! - niveaux successifs dans lesquels l’action est globalement résumée en deux points; se débarrasser des monstres qui barrent le chemin et brûler les herbes qui nous empêchent de passer, car nos héros n’ont pas même une machette en réserve. Ca irait cinq minutes mais a longueur de jeu, cela devient carrément fastidieux. Alors certes l’univers avec ses détails et son ambiance est impressionnante même si la couleur dominante est le vert/gris (je ne dis pas que la verdure est verte et la roche grise, je dis que tout est vert de gris) Il y a certes quelques moments vraiment réussis comme l’attaque de venatosaurus lors de notre quête de feu pendant le passage d’un troupeau de brontosaures (d’ailleurs que font-ils sur une île pareille ceux-la, ce n’est trop loin de leur eco-systeme...?) Mais la plupart du temps, on subit une musique tonitruante et les hurlements des uns ou des autres toutes les cinq secondes afin de faussement renforcer l’oppression que notre manque de liberté totale a pourtant déjà assimilé. Pas la moindre échappatoire en terme de découverte et d’aventure. Tuer des monstres, brûler des herbes, ouvrir les portes d’édifices complexes en ruines dont on se demande quelle civilisation évoluée a pu les bâtir au petit bonheur dans cet univers hostile, et dont les poignées sont toujours absentes mais guère trop loin. Point.
Pourtant il y a de bonnes idées comme attirer les carnivores avec des insectes ou détourner l’attention de carnosaures géants tandis que les compagnons nous ouvrent un passage, mais bon, cela demeure limité, pas anecdotique, juste limité...
L’IA ne s’en tire pas trop mal car elle peut surprendre de par la variété des attaques des ennemis et l’effort d’animation effectué pour les rendre crédibles.
Avec Kong c’est un autre gameplay, mais guère plus réjouissant. Vu à la troisième personne, notre singe s’agrippe d’arbre en roche de manière impressionnante, mais il nous faut un certain temps pour comprendre dans quel sens il va. La camera n’arrête pas de gesticuler – gauche, droite, loin, haut, près, circulaire.... C’est encore pire lors des combats construits de manière absolument cinématographique. C’est très beau, titanesque mais difficilement jouable. De plus le gameplay qui se veut simplifie s’avère plus sûrement schizophrénique avec cette mixture de touches frapper/saisir/furie/sauter Non seulement on ne sait plus sur laquelle appuyer tant elles sont lymphatiques de réaction, mais s’il faut la relâcher, la maintenir, la tapoter frénétiquement… Vot - eto absolyt bardak ! Et lorsqu’un V-Rex est – enfin – occis, voila qu’il y a systématiquement une arche de pierre avec une porte de bois et une colonne de pierre posée en travers de gauche a droite pour nous barrer le passage avec une forte probabilité de voir notre fiancée pleine d’allant (Ann) se faire enlever par des chauves-souris obsédées par la séduction décidément universelle de notre bien-aimée! Et lorsque Kong désespère de pouvoir soulever cette saleté de colonne il n’est pas capable de trouver une alternative pour défendre Ann comme part exemple sauter par-dessus l’arche alors que rien n’empêche une telle bestiole de le faire à part l’immonde rigidité du soft.
Bref, un jeu lourd dans tous les sens, a la jouabilité désastreuse et qui cumule même des bugs graphiques énormes. Combien de fois Kong ne s’est–il pas estampé dans le revers du décor, pour l’occasion d’un gris uniforme bien mat...Et puis à quoi cela sert-il de proposer de sauvegarder en cours de partie alors que cet imbécile de jeu ne retient que les fins de niveau...
Le scriptage pesant et l’ultra linéarité sont les souvenirs vivaces de cette expérience ludique auxquels on ajoutera l’omniprésence sonore très blockbusterienne (à savoir, hurlements et musique symphonique comble-vide difficilement supportables) Je ne prétends pourtant pas que je n’y rejouerai pas! Mon calme relatif a quant même évité la poubelle à bien des jeux !
|
Interet |
Gameplay |
immersion |
plaisir |
IA |
progression |
qualite |
|
10 |
10 |
13 |
8 |
15 |
15 |
11 |



